Alors que le Président de la République a évoqué, par surprise, la création du « bureau des entreprises » en oubliant (?) les directeurs délégués à la formation professionnelle et aux technologies (DDFPT) et leurs assistants (ex-ATCT), on découvre au BO de ce jour, le 25 mai, l’appel à recrutement de « chefs de bureau des entreprises » issus des entreprises et exclusivement des entreprises.
Cette annonce du Président n’a fait l’objet d’aucune discussion ni dans les groupes de travail installés par la ministre déléguée (et dans lesquels certains syndicats siégeaient) ni dans aucune autre instance ; le lancement du recrutement de ces nouveaux personnels sonne donc comme une nouvelle provocation. C’est la goutte qui fait déborder le vase !
Qui seront ces personnels alors que les entreprises manquent cruellement de salariés qualifiés ? payés par qui et sous quel statut ?
Personne ne doute de la volonté du président Macron et de son gouvernement de remettre en cause les statuts, les garanties collectives et les services publics, preuve en est le maintien de la réforme des retraites en dépit de l’opposition de la grande majorité des salariés et de la population et de l’intersyndicale qui en revendique plus que jamais le retrait.
L’École publique n’échappe pas à cette politique de terre brûlée ; ainsi le ministre Ndiaye a décidé de supprimer 2 000 postes d’enseignants pour la rentrée 2023, utilisant pour cela l’article 49–3 à l’Assemblée nationale.
C’est dans ce contexte que les résultats de l’admissibilité aux concours de recrutement des professeurs ont été rendus publics.
La FNEC FP-FO a été reçue en audience par la secrétaire d’État à la Jeunesse, Sarah El Haïry, ce jeudi 11 mai 2023.
Des annonces présidentielles sur le Service National Universel étaient attendues pour le mois de juin. Il n’y en aura pas. L’obligation ou la généralisation, ce ne sera pas pour aujourd’hui, ni même pour demain.
Début mars, dans une note interne qui avait fuité, le ministère de l’Éducation nationale souhaitait rendre le SNU obligatoire dans six départements en 2024, avant d’élargir l’expérimentation. Ce projet ne sera pas retenu. La secrétaire d’État s’est montrée prudente : « on ne veut plus se donner d’objectif chiffré ».
Ce recul est à mettre au compte de la mobilisation de la jeunesse aux côtés des salariés contre la réforme des retraites. Il est à mettre au compte des grèves, des blocages, et du refus aujourd’hui de tourner la page, qui s’exprime à travers les manifestations et les casserolades qui continuent.
Avec leurs organisations syndicales, les personnels de l’Éducation nationale, aux côtés de l’ensemble des salariés, des retraités, de la jeunesse, sont mobilisés contre la réforme des retraites Borne-Macron depuis près de 4 mois. Leur détermination pour faire reculer le gouvernement reste intacte dans un contexte où l’effet combiné du gel durable de la valeur du point d’indice et de l’explosion des prix affaiblit considérablement le pouvoir d’achat de tous les collègues.
Depuis un an, l’inflation atteint des records, à tel point que la revalorisation de 3,5% de la valeur du point d’indice en juillet dernier a très peu été ressentie par les collègues.
Les pertes subies depuis le début des années 2000 représentent, pour tous les agents du Service public de toutes les catégories, plusieurs centaines d’euros par mois !
Au lendemain des annonces du président Macron et du ministre Ndiaye sur la réforme de la voie professionnelle, la FNEC FP-FO réaffirme son soutien à son syndicat, le SNETAA-FO, mobilisé depuis plusieurs mois pour la défense des lycées professionnels et des PLP.
A travers cette réforme, le président Macron s’en prend aux statuts de tous les personnels et affaiblit le cadre national de l’enseignement public, pour le soumettre aux besoins du patronat local :
Donner la carte des formations à des « CNR » locaux, composés de personnels, d’acteurs économiques et des collectivités locales, pour conditionner le maintien des filières et des postes à la mise en place de « projets particuliers », et soumettre l’enseignement public aux pressions locales les plus diverses ;
Recruter des « professeurs associés » pour inféoder les missions des personnels aux besoins des entreprises ;
Dans la continuité du chaos des fermetures des lycées de Paris et du Grand-Est, supprimer à la rentrée 2023 80 filières qui « ne correspondent plus au marché de l’ » Cela réduit drastiquement l’offre de formation pour les jeunes et trahit la visée réelle de la réforme : la « mise en adéquation de l’enseignement professionnel avec le marché de l’emploi », en parfaite continuité de la loi Pénicaud de 2018 !
Les propositions de reconversion en école, en collège ou sur des missions qui n’ont rien à voir avec l’enseignement, à moins de quatre mois de la rentrée, sonnent comme des injonctions à devenir des bouche-trous du système éducatif à l’encontre de la logique de corps et de carrière !
Mettre en place un « pacte » pour imposer toujours plus de tâches définies localement et s’attaquer aux statuts, alors que l’ensemble des syndicats le rejette ;
Mettre en place un « bureau des entreprises » dans les LP, pour qu’elles viennent y faire leur marché et pour transformer les LP voire les collèges en annexes de Pôle Emploi.
Faire entrer l’entreprise au collège pour une demi-journée hebdomadaire de « découverte des métiers » de la 5ème à la 3ème , après avoir liquidé le service public d’orientation et fermé des centaines de CIO !
Site du SNETAA-FO de l'Académie de Martinique au service des PLP et des non titulaires pour informer, défendre, agir : Premier Syndicat de l'Enseignement Professionnel.