La FNEC FP-FO a été reçue en audience par le ministre de l’Education nationale et de la Jeunesse lundi 21 août.
Il s’agissait d’une première prise de contact, pendant laquelle la délégation FO a posé les revendications urgentes de la rentrée. Le ministre n’a pas apporté beaucoup de réponses, si ce n’est qu’il a confirmé la poursuite des contre-réformes que nous combattons et que nous allons continuer à combattre.
1°) Salaires / « Pacte »
Nous avons réaffirmé notre opposition au « Pacte », rappelé l’unité syndicale contre cette mesure, et opposé notre revendication d’augmentation immédiates des salaires par la revalorisation du point d’indice de 10%, et d’ouverture de discussions pour rattraper les pertes subies par l’ensemble des personnels.
Le ministre a mis en avant les « progrès » réalisés selon lui pour certains personnels : les enseignants et… les AESH, avec l’accès au CDI. Pour la FNEC FP-FO, tous les personnels connaissent un effondrement de leur pouvoir d’achat. Il y a urgence à créer un statut pour les AESH, un statut pour les AED. Nous avons rappelé notre opposition à la mise en place d’un statut d’assistant de réussite éducative, visant à précariser et flexibiliser davantage ces personnels.
Le dialogue social a été fortement abîmé par le président de la République et son gouvernement, restés aveugles et sourds aux mobilisations des travailleurs qui demandent toujours l’abandon de la réforme des retraites. L’exécutif tente de détourner l’attention avec sa feuille de route visant un apaisement social. Mais nous ne tournons pas la page. FO porte et portera fermement ses revendications. Dans ce contexte de contestation qui perdure, la confédération FO ne participera pas à l’opération de communication orchestrée par le président Macron.
Tout comme la réforme Macron-Borne des retraites, le « pacte » constitue un passage en force inacceptable !
En maintenant son « pacte » contre l’avis unanime des organisations syndicales, le ministre poursuit sa volonté de diviser les enseignants. Le « pacte » institue des blocs de missions supplémentaires qui remettent en cause les statuts et le cadre national de l’École. Il transforme les directeurs d’école et les chefs d’établissement en pilotes des contre-réformes et institue une hiérarchie intermédiaire avec des enseignants « pactés » intéressés financièrement avec la volonté de leur imposer un rôle de « caporalisation » de leurs collègues. Alors que nous sommes le 28 juin, la circulaire ministérielle n’est toujours pas parue, les informations sont toujours contradictoires. C’est le plus grand chaos.
AESH : le décret CDI va paraître. Des instructions sont données pour renouveler les contrats en CDI. FO intervient pour qu’aucun collègue ne soit lésé en perdant des prestations avec les indemnités REP t REP+. Les jours de fractionnement doivent s’appliquer partout.
un décret pour permettre la comptabilisation des allocations IUFM pour la retraite va paraître.
Après les PE, le ministère étudie la possibilité d’appeler les candidats en listes complémentaires dans d’autres corps
FO vote contre le plan national de formation.
Mise en place de « cellules VSS ». FO n’acceptera aucune remise en cause de la protection statutaire des personnels et rappelle les obligations de l’employeur.
Déclaration de la FNEC FP-FO :
Pour commencer, nous tenons à apporter nos condoléances à la famille et aux proches de Nahel, tué mardi dernier par un policier. Des milliers de personnes ont pris part jeudi à la marche blanche organisée en hommage à cet adolescent. Nous comprenons leur colère et nous la partageons. Ce drame est l’expression violente d’une situation sociale et d’une dérive autoritaire qui ne cessent de s’aggraver depuis plusieurs années et dont le Président Macron et son gouvernement portent l’entière responsabilité. Notre Confédération a d’ailleurs dénoncé plusieurs fois le recours systématique à la violence d’État et l’instrumentalisation de la police en contradiction avec les missions initiales qui lui sont dévolues.
La FNEC FP-FO a pris connaissance des propos de ministre Ndiaye interviewé par le journal « Le Monde » : « Je souhaite placer le concours de professeur des écoles à bac + 3 sans renoncer à la mastérisation. Nous proposerons, après le concours, deux ans de formation rénovée et rémunérée. Cela attirera davantage de candidats, notamment des étudiants défavorisés, nos futurs « hussards noirs de la République ». Ainsi, nous dissocions l’obtention du diplôme et le concours. Même si rien n’est encore tranché, nous espérons mettre cette réforme en œuvre en 2025. »
Ainsi, il aura fallu plus de 10 ans aux différents gouvernements pour tirer le bilan du désastreux passage des concours de recrutement de professeurs des écoles de Bac+3 et Bac+5, conséquence de la mise en place de la masterisation à laquelle la FNEC FP-FO s’était opposée, qui a considérablement réduit le nombre de candidats.
Il aura fallu que dans plusieurs académies (Créteil, Guyane, Versailles), des centaines de places aux concours de recrutement de professeurs des écoles soient non pourvues pour que le ministère remette enfin en cause le concours à Bac+5.
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